YouTube : Vers un Internet poubelle ?

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Alors que YouTube va fêter ses 14 années d’existence dans quelques jours, il faut bien reconnaître à cette plateforme qu’elle a su s’imposer à travers le monde. Aidée par le rachat par Google en 2006, le streaming de vidéo se fait désormais grâce à ce site utilisé par des millions de personnes quotidiennement.

YouTube

La télévision est en perte de vitesse, ce n’est un secret pour personne. Les services de VOD ou de streaming ont très largement pris le pas sur les contenus imposés par ce flux constant de programmes qui sont devenus de moins en moins attractifs avec les années. Internet a permis de forger des communautés autour de sujets divers et variés, aujourd’hui nous avons le choix. On regarde ce que l’on veut, quand on veut.

Aux débuts de YouTube, les créateurs se sont rapidement emparés de la plateforme pour y proposer leurs créations qui, auparavant, s’échangeaient par mail ou sur quelques sites persos obscures. La visibilité offerte a favorisé le partage de ces vidéos qui sont longtemps restées confidentielles. De nos jours, on ne se pose presque plus la question lorsqu’il s’agit de diffuser un podcast ou un court-métrage : ça se passe sur YouTube.

Norman, Cyprien et bien d’autres ont alors conquis des audiences qui auraient été inimaginables au début des années 2000. Avec le temps, à force de pratique et de statistiques, les vidéastes tentent de comprendre les algorithmes assez aléatoires de Google qui font qu’une vidéo sera plus vue qu’une autre. Partant du principe qu’une chaîne se doit d’être active pour obtenir les faveurs d’un robot complètement idiot, les YouTubeurs doivent désormais remplir l’espace. Comprenez qu’ils doivent proposer de nouveaux contenus presque quotidiennement.

L’effet collatéral de cet algorithme est une baisse drastique de la qualité généralisée des vidéos. Entre désabonnements massifs et désintérêt pour certains créatifs, cette manière de fonctionner nous fait nous poser quelques questions quant à l’avenir des contenus qui y sont proposés.

Avec le temps, j’ai accumulé bon nombre d’abonnements. S’il ne fait aucun doute que les personnes que je suis sont tout à fait intéressantes, force est de constater que je regarde de moins en moins ce qui sort tous les jours. Quotidiennement, je dois avoir entre 5 et 10 nouvelles vidéos disponibles. Dans la pratique, il doit y en avoir 1 ou 2 que je consulte par manque d’intérêt pour le reste.

Dans une récente vidéo, Cyrus North s’interrogeait sur ce point précis. Le fait est que ce ressenti est plutôt général. Un désintérêt et un ras-le-bol qui semble généralisé. Dans un tweet, le blogueur Korben s’amusait également des miniatures qu’utilisent une grande majorité de vidéastes « tendances ». Il y aurait-il un désamour pour la plateforme ?

Difficile de dire où veut en venir Google avec cet algorithme qui favorise des contenus rapidement oubliables alors que d’autres créatifs nettement plus talentueux restent confidentiels car il ne rentrent pas dans ce jeu de l’industrialisation des productions. Si le géant de la recherche a toujours été plus ou moins opaque sur le fonctionnement des algorithmes, les utilisateurs comprennent, très rapidement, comment tout cela marche et use et abuse du système.

Les utilisateurs sont tout aussi coupables, moi le premier, car en regardant ces contenus pop-corn, nous envoyons un mauvais signal à la plateforme qui pensent que c’est ce que veulent regarder les gens or ça n’est pas le cas : on regarde ce que l’on nous propose. Il se trouve qu’entre le point de vue d’un robot et celui des viewers, il semble se creuser un fossé de plus en plus important. D’un côté YouTube met en avant ces vidéos plutôt moyennes ce qui a pour conséquence de gonfler les statistiques et de l’autre, des utilisateurs qui attendent que la magie opère de temps en temps.

Je prends souvent en exemple Le Joueur du Grenier dont l’audience stagne depuis des années pourtant la qualité de leurs vidéos n’a cessé de s’améliorer avec le temps. YouTube ne devrait-il pas plutôt favoriser ce type de contenus ? La chaîne en question s’est vue obligée de passer par les sponsors pour pouvoir subsister. Un manque à gagner pour Google ?

Si le système de monétisation par la publicité a aussi favorisé ces contenus lisses et sans saveur, on se demande si les annonceurs n’auraient pas plus de chance de financer eux-même les vidéos qualitatives comme c’est de plus en plus le cas. De l’argent qui ne passera pas par le portefeuille de YouTube qui en a pourtant très besoin. Cette plateforme de streaming fait le gros de son audience sur la médiocrité et on ne peut que trouver ça triste. La vraie question est de savoir si c’est vraiment ce que l’on souhaite pour l’avenir de l’Internet.

YouTube ressemble de plus en plus à la télévision et ça c’est moche putain.

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