PlayStation 5 : une politique de rétrocompatibilité déplorable

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Si on a déjà abordé le thème de la rétrocompatibilité ici, Sony ne semble pas encore très ouvert sur le sujet préférant oublier sa propre histoire au profit de ses nouvelles machines. Si du coté software on peut comprendre les difficultés de l’émulation (bien qu’elle soit déjà possible), du coté hardware, on s’attendait un réel effort tant le matériel a un coût mais aussi pour des raisons écologiques.

Pollution PlayStation 5

Green washing

Sur le site officiel de PlayStation, on peut lire cette catch phrase : “En plus de fournir le meilleur endroit pour jouer, nous nous efforçons de réduire notre empreinte écologique”. Un marketing bien rodé qui nous explique que la marque a tout mis en oeuvre pour réduire son empreinte carbone. Si dans la pratique, il s’agit plutôt de réduire les coûts de fabrication, ce genre d’initiative reste toutefois positive. Surtout dans le domaine de l’électronique qui peut être très polluante et difficilement recyclable.

Comme beaucoup d’entreprises, Sony et sa marque PlayStation s’engagent pour l’environnement et aiment à communiquer sur ce sujet essentiel de nos jours. Encore une fois, une politique écologique conduit très souvent à faire des économies. En réduisant les déchets et en optimisant les productions, il est tout à fait possible de réduire ses émissions et permet aussi d’éviter une certaine forme de gaspillage qui peut coûter très cher à une entreprise. Si sur le papier ces choix semblent aller dans le bon sens, la politique commerciale de Sony, quant à elle, ne va pas du tout dans la bonne direction.

Il faut tout racheter

Malgré la grande déception des joueurs qui n’auront pas le droit à une rétrocompatibilité totale des jeux depuis la première génération de PlayStation, de récentes annonces parlaient de la possibilité d’utiliser sa DualShock 4 sur la PlayStation 5. Il y avait de quoi se réjouir, l’idée de pouvoir utiliser un matériel encore fonctionnel et qui permettrait d’éviter une consommation excessive de nouveaux périphériques était séduisante. Mais, et parce qu’il y a toujours un “mais” avec Sony, les DualShock 4 ne seront utilisables que sur les titres PS4 compatibles avec la nouvelle machine de PlayStation. Autant dire tout de suite que le but c’est que vous rachetiez des DualSense.

Techniquement, rien ne justifie ce choix. Basiquement nous sommes en face d’une “DualShock 5” qui intègre quelques features qui n’intéresseront qu’une poignée de joueurs. Des nouvelles fonctionnalités que l’on aura vite désactivées tant elles ne représentent pas une réelle (r)évolution. Ayant pris l’habitude de couper les vibrations, il est fort probable que ce soit la même chose avec la DualSense. Les quelques jeux first party qui utiliseront ces “vibrations HD” ne justifient en aucun cas l’abandon du support du matériel de la génération précédente.

Sony semble pourtant faire des efforts notamment lorsqu’ils avaient ajouté le support de la DualShock 4 sur les PlayStation 3. Un move intéressant sur des machines vieillissante et dont il est de plus en plus compliqué de trouver des manettes en bon état (quand il ne s’agit carrément pas de contrefaçons). Bien entendu, ici encore, il y avait un “mais” puisqu’il est impossible de se servir du bouton “Home” rendant, de fait, son utilisation compliquée. Encore une fois, il n’y avait pas de raison technique pour cette limitation sinon à rendre encore plus obsolète les machines plus anciennes.

La génération de toutes les frustrations

Si vous me lisez régulièrement, vous savez à quel point je suis attaché à la marque PlayStation qui m’a accompagné depuis mon adolescence. J’y ai fait mes premières expériences avec la 3D, j’ai joué à des exclusivités que l’on ne trouve nulle part ailleurs et, pour moi, la PlayStation fait partie du paysage vidéoludique et a marqué l’histoire du jeu vidéo. Une fidélité depuis plus de 25 ans qui, pour la première fois, pourrait être remise en cause du fait de cette politique bancale qui ne correspond plus vraiment aux valeurs de la marque (et aux mienne). “This is for the players” mais seulement ceux qui sont prêt à tout accepter. Ça n’est pas mon cas.

On peut aussi évoquer la rétrocompatibilité du PSVR mais qui sera très probablement accompagnée de son lot de déceptions quand on aura tous les détails dont la manière dont tout cela va fonctionner. Pour résumer, je dirais que chaque pas en avant de la marque PlayStation est généralement suivi de deux pas en arrière. Pour être tout à fait honnête, les chances pour que je continue mon aventure chez Sony sont maigres. En tout cas, il n’y aura pas d’achat day one. J’attendrai probablement une baisse de prix ou je me tournerai vers l’occasion dans quelques années. A moins d’un changement radical de politique, ce dont je doute, mon regard se tourne vers Xbox qui a de solides arguments pour les joueurs comme moi. L’option d’un PC est aussi envisageable bien que le tout dématérialisé soit encore problématique.

Des exclusivités et des mauvais choix

Si on peut légitimement m’accuser d’être un fanboy PlayStation, je sais aussi faire la part des choses quand cela ne me correspond plus. Pour moi, Sony a oublié qui sont ses fans, des personnes qui consomment beaucoup de titres depuis les tout débuts. Des collections de jeux accumulées depuis des années, que ce soit en physique ou en dématérialisé. Le catalogue depuis la PS One est très impressionnant et regorge de pépites qui vont sombrer dans l’oubli et c’est très regrettable. Il n’y aura jamais de remakes pour tous ces milliers de jeux et notre ancien matériel et nos jeux deviendront vite des déchets de plus pour la planète.

PlayStation avait un boulevard pour casser la baraque. Si je ne me fais pas de souci concernant la rentabilité de cette entreprise, de mon coté j’ai le sentiment que PlayStation a perdu son identité et surfe sur la vague du succès en oubliant qui en est à l’origine. L’histoire du jeu vidéo nous a aussi appris que les rois peuvent chuter de leur trône du jour au lendemain. Il suffit parfois de quelques mauvais choix pour tout perdre. Pour moi, Sony va très clairement dans cette direction et se repose beaucoup trop sur ses lauriers. Alors oui, les PlayStation Studios proposent de très belles exclusivités mais il semblerait que ça n’ait pas été suffisant pour moi.

Cette manière de traiter les fans et d’oublier son histoire me fait dire que PlayStation ne va pas dans le sens des joueurs et à une époque charnière où le dématérialisé et le streaming pourraient bien prendre le pas sur tout ce qui a pu exister, il est toujours bon de rappeler que c’est sur PC qu’il sera préférable de se tourner lorsque ces solutions seront la norme. Sony deviendra alors juste un fournisseur de services sans aucune âme et, selon moi, il est peut probable que la marque puisse gagner face à un concurrent tel que Microsoft déjà bien installé dans ce qui semble d’ors et déjà être le futur.

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