PlayStation 5 Digital Edition : fausse bonne idée ?

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Récemment dévoilée par Sony, la PlayStation 5 a su se faire désirer de longs mois. Désormais, on en sait un peu plus sur la machine qui devrait être en capacité de lire les jeux PS4. S’il ne faudra probablement pas compter sur une rétrocompatibilité complète, la marque a tout de même dévoilé une version totalement dématérialisée.

PlayStation 5 Digital Edition

Une console n’est pas un PC

Le dématérialisé est une chose particulièrement apprécié sur PC. Il faut dire que nos machines de bureau sont capables de faire tourner la plupart des titres publiés depuis les années 70. L’émulation, les patchs et autres cracks permettent. Bien que les éditeurs proposent leurs anciens jeux sur Steam, rares sont ceux qui vendent des versions compatibles avec les Windows modernes mais la communauté a plus d’un tour dans son sac et il est rare de ne pas trouver une solution pour qu’ils fonctionnent. Le PC est un système assez ouvert qui permet ce genre de bidouilles. Chose impossible sur console où l’OS et les fichiers restent assez inaccessibles pour la plupart des utilisateurs.

La rétrocompatibilité n’a jamais été autant au coeur de l’actualité. Il faut dire que la génération qui a grandi avec ces machines capables d’afficher de la 3D, la PlayStation en tête, est en pleine période de nostalgie. Si du côté Xbox, Microsoft a bien compris l’attachement des joueurs à certains titres qui n’auront sûrement jamais le droit à des remasters, chez Sony, l’idée d’accéder à l’ensemble du catalogue de la marque semble être passé à la trappe. Autant dire qu’il n’y a aucun moyen de profiter de sa logithèque, qu’elle soit physique ou dématérialisée. Ceux qui ont acheté des jeux PS3 sur le PS Store se voient alors dans l’incapacité d’y jouer de nos jours.

Peut-on faire confiance à Sony ?

Les expériences passées chez Sony et son store en ligne montrent bien que la firme japonaise ne mise pas sur un service sur le long terme. Contrairement à Steam qui fait tout son possible pour que les jeux acquis par les utilisateurs restent accessibles même si l’éditeur retire son titre de la plateforme ou s’il est devenu techniquement inadapté aux OS modernes. Une sorte de contrat de confiance entre le service et ses utilisateurs est alors passé. Du côté de chez Sony, on ne peut pas en dire autant.

Concrètement, il reste relativement difficile de faire confiance à ces plateformes dématérialisées sur consoles. Si Xbox fait de son mieux, du côté de chez PlayStation, on ne peut pas en dire autant. L’architechture des machines de Sony ont beaucoup changé et ont, parfois, été assez exotiques. On pense, bien évidemment, à la PS3 et à son processeur CELL qui est une calvaire à émuler sur une plateforme x86. Depuis la PlayStation 4, Sony propose des machines qui se rapproche fortement d’un PC, il n’est donc pas étonnant que la rétrocompatiblité sur la PS5 soit possible pour les jeux de la génération actuelle.

La Digital Edition a-t-elle du sens ?

A première vue, je dirais que non. D’une part parce que le magasin en ligne de Sony ne tient pas toutes les promesses que l’on est en droit d’attendre d’un tel service en ligne mais aussi parce que l’argument du tarif est assez bancal. Si on peut tabler sur une différence de l’ordre de 50 ou 100€, on se dit que sur un produit dans cette gamme de prix, si cette maigre ristourne peut faire pencher la balance, il est peut être nécessaire de revoir les priorités de son budget. Une console reste un produit de luxe.

Il faut aussi bien prendre en compte le prix des jeux dématérialisés sur le PS Store. D’expérience, ils sont plus chers que leurs versions physiques. On peut tabler sur des tarifs entre 20 et 30 % plus onéreux. Cette maigre économie à l’achat de la machine perd tout son sens lorsque vous aurez acheté quelques titres au prix fort. Il ne faudra pas trop compter sur les soldes qui restent moins intéressantes que le marché de l’occasion. Clairement, l’argument du prix ne tient pas trop, selon moi.

Toutefois, si vous êtes un joueur 100 % en ligne et que vous passez votre temps sur les free to play et autres MMORPG, la PlayStation 5 Digital Edition a peut être du sens dans ce cas. Les jeux étant mis régulièrement à jour, le téléchargement semble être plus pertinent qu’une version physique qui, de toute façon, aura besoin de télécharger des patchs. Pour moi, c’est la seule raison qui pourrait pousser un joueur à opter pour cette version de la machine.

De l’importance des médias physiques

Comme évoqué plus haut, la politique de Sony en matière de services en ligne et de son incapacité/manque d’envie de proposer une rétrocompatibilité complète montre bien l’importance des jeux physiques. D’une part pour le côté historique et la conservation du patrimoine vidéoludique mais aussi d’un point de vue purement mercantil. Pour le client, le physique reste la seule manière de pouvoir profiter pleinement de sa logithèque, du moins, sur console et plus particulièrement sur PlayStation.

J’ajouterais aussi que le dématérialisé risque de réduire à néant le marché de l’occasion qui est une extraordinaire opportunité pour consommer de manière intelligente des titres qui peuvent être très récent. Entre les joueurs qui n’ont pas aimé tel ou tel jeu ou ceux qui l’ont fini en une petite semaine, il y a réellement des bons plans. Pour ma part, c’est le choix que j’ai fait, il me permet d’acquérir plus de titres avec le même budget.

Le dématérialisé empêche aussi de s’échanger des jeux entre amis et de partager des expériences et ça aussi, c’est un problème majeur. Les joueurs PC connaissent bien ce problème mais des solutions comme Steam sont aussi une réponse au piratage de masse. Les éditeurs étant, d’ailleurs, de plus en plus fileux à proposer des jeux triple A sur nos machines de bureau. La tristesse du PC Gaming Show de cette année montre bien que rares sont ceux qui veulent publier leurs titres qui a couté des millions d’investissement sur nos ordinateurs.

Future proof

Si je suis profondemment attaché à la marque PlayStation, pour moi c’est Xbox qui va dans le bon sens en offrant une rétrocompatiblité complète. Certains titres profitent même de leur version patchée. Des remasters gratuits, en somme. C’est une excellente approche et Sony ferait bien d’en prendre de la graine. Savoir que les titres que nous achetons aujourd’hui seront jouables demain, c’est un réel argument. On ne va pas se mentir, on ne peut pas faire confiance à Sony sur ce terrain et une machine totalement dématérialisée ne peut pas être convainquante dans ce cas.

Dans la plupart des sondages que j’ai pu voir sur les réseaux sociaux, la PlayStation Digital Edition ne devrait intéresser qu’entre 15 et 20 % des fans de la marque. De mon point de vue, j’imagine qu’il s’agit de cette tranche de joueurs qui passent leur temps sur les jeux en ligne. En tout cas, si vous aimez le jeu vidéo et titres solo, la version proposant un lecteur Bluray 4K semble être la meilleure option. C’est aussi un moyen d’envoyer un signal fort et de montrer notre atachement à ce média et à ce qu’il avait à offrir hier et ce qu’il proposera demain.

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