Êtes-vous un idiot utile qui s’ignore ?

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Le web a amené de nouveaux phénomènes sociétaux. Si par le passé on a pu voir émerger des mouvements sociaux grâce à Twitter et Facebook, ces réseaux sont aussi des générateurs de bulles culturelles et informatives. Entre discours de haine et théories du complot, comment ces utilisateurs ont-ils pu gagner autant de visibilité ?

Idiot utile

Du PMU à Twitter

On a toujours plus ou moins entendu des discours de haine ou des théories fumeuses autour de complots mondiaux dans les bistrots. Avant Internet, ces voix ne se faisaient entendre qu’aux comptoirs et, la plupart du temps, elles n’avaient pas d’écho ailleurs. On se limitait le plus souvent à les ignorer. Aujourd’hui, les choses ont bien changées. Si j’avais déjà évoqué le fonctionnement de Twitter sur cette question, le véritable problème vient essentiellement des utilisateurs et pas forcément ceux qui tiennent des discours borderlines.

Si ce phénomène est particulièrement visible sur Twitter, c’est aussi le cas sur les autres réseaux sociaux. La plupart des messages racistes et autres fakes news sont principalement relayées par les utilisateurs qui s’indignent. On le voit notamment avec les trendings, toujours sur Twitter, où lorsque des hashtags racistes remontent à la surface, ils sont poussés par les Twittos qui s’insurgent contre ces mouvements. Basiquement, on peut dire que ces messages obtiennent de la visibilité par ceux qui s’y opposent.

Les idiots utiles

En politique, on parle « d’idiots utiles ». On utilise alors les adversaires pour qu’ils relaient des idées qu’ils réprouvent. C’est une manière de faire passer un message au travers des opposants. On est sur de la manipulation et bien que la plupart du temps ces personnes sont de bonne foi, elles se retrouvent à donner de l’importance à ce qui ne devrait pas en avoir. C’est exactement ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Lorsque l’on commente ou partage un message de haine, on participe à sa diffusion et on lui donne de la visibilité. C’est une technique très utilisée par l’extrême droite et il n’est donc pas étonnant de trouver chez leurs électeurs des personnes assez peu éduquées qui peuvent être facilement influençables.

Être un « idiot utile » c’est relayer ce qui nous déplait en pensant bien faire. La vérité, c’est qu’en ignorant complètement ces messages, ils auraient tendance à disparaitre laissant ces minuscules audiences dans leurs bulles. De manière générale, si vous voyez une publication haineuse, le mieux est encore de ne pas interagir et d’avertir la modération. Dans le pire des cas, vous pouvez même signaler certains contenus à PHAROS qui fait un très bon boulot sur cette question. C’est encore le meilleur moyen pour que la haine en ligne ait des répercutions « dans la vraie vie ».

La règle des 90/9/1

Depuis l’avènement des communautés sur le web, on estime (en moyenne) que ce sont 1 % des personnes qui créent les contenus, 9 % d’entre eux participent activement et tout le reste se contente de les consommer en silence et ont assez peu d’interactions avec tout ce qui peut être publié (si ce n’est quelques « likes »). Si on met les choses un peu en perspective et puisque l’on sait que les discours haineux sont issus d’une minorité, il est important de réaliser que l’on parle d’une toute petite partie de ces 1 %. Concrètement, la haine en ligne est mise en avant par ceux qui aimeraient la voir disparaitre. C’est assez ironique.

Une étude de l’Université de Stanford a montré que sur 1.8 milliards de commentaires sur Reddit, ce sont seulement 0,1 % de toutes les communautés généraient 38 % des attaques sur les autres subreddits. Ou comment un groupuscule de personnes est capable de plomber l’ambiance et donne ce sentiment que la haine est partout. Ce qui montre qu’il est très important de prendre beaucoup de recule sur ce que l’on peut voir sur les réseaux sociaux. En aucun cas ils sont représentatif de la société réelle puisque la plupart des gens n’y publient presque rien.

La tolérance est la norme

S’il ne faut pas prétendre que la haine n’existe pas, il reste toutefois important de réaliser qu’elle vient surtout d’une très petite minorité. Les cas de harcèlement en ligne proviennent, de manière générale, de petites bulles qui se sont créées dans des groupes Facebook ou des serveurs Discord très fermés. En aucun cas ces groupuscules sont représentatifs de quelque chose. On y trouve généralement des personnes assez jeunes et/ou influençables qui cherchent juste à appartenir à un groupe. Il y a probablement quelque chose de « cool » à ne pas adhérer au discours de masse. Faut-il encore le préciser mais la haine n’est pas une opinion mais un délit.

Ce qu’il faut surtout retenir de tout cela, c’est que ces violences en ligne sont particulièrement minoritaires, tout comme les fake news que de nombreux utilisateurs partagent et qui, au final, touchent de plus en plus de monde. Dans l’ensemble, les Humains sont assez bienveillants mais les réseaux sociaux amplifient beaucoup trop leurs plus mauvais aspects. On notera aussi la proportion de certains médias à donner beaucoup trop d’importance à Twitter qui est réellement une paille en terme de représentativité de la société. Les journalistes sont aussi un peu coupables.

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