Du feat et du fun avec Watch Dogs: Legion

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Si vous nous suivez depuis quelques temps, vous n’êtes pas sans savoir que j’ai un sérieux problème avec les titres Ubisoft depuis de longues années. N’ayant jamais été particulièrement convaincu par la franchise Assassin’s Creed, les épisodes Origins et Odyssey auront toutefois réussi à me faire retourner vers cet éditeur. Et si c’était aussi l’occasion de donner une nouvelle chance à Watch Dogs ?

Watch Dogs: Legion

Meh

Je ne vais pas vous mentir, je n’ai jamais accroché à la série des Watch Dogs. Si je possède pourtant le premier et le second opus, aucun de ces titres n’aura réussi à m’embarquer jusqu’au bout de l’aventure. Une chose qui a le don de m’agacer tant cette franchise est populaire. Pourquoi, moi, je n’arrive pas à aimer ces jeux ? C’est une relation assez complexe que j’entretiens avec Ubisoft, d’un côté ils sont à l’origine de titres qui ont bercé ma jeunesse et de l’autre le rouleau compresseur qu’est devenu cette entreprise a fait qu’ils passent à côté de certaines choses qui font une bonne histoire. Selon moi, on parle plus de produits que d’œuvres avec eux et c’est regrettable tant la boite de Yves Guillemot regorge de talents. On ne le répètera jamais assez.

Pourtant les univers de science fiction sont réellement quelque chose qui m’intéressent. En terme d’immersion, c’est toujours agréable de se balader dans les open worlds d’Ubisoft qui sait y faire, c’est certain. Bien que je sais reconnaître les qualités de cette franchise, selon moi, il a toujours manqué ce petit quelque chose qui fait les grands jeux. Watch Dogs: Legion n’échappe pas à la règle et se présente comme un pur produit de divertissement grand public. Pourtant dans ce genre d’univers dystopique et tout à fait crédible, il y aurait beaucoup de choses à raconter. Pour moi, ce dernier épisode a surtout voulu introduire de nouvelles mécaniques et a préféré mettre le fun en avant plus que le fond qui aurait probablement mérité un meilleur traitement.

Tourisme virtuel

La première chose qui frappe lorsque l’on se balade dans les rues de Londres, c’est ce sentiment de vie qu’il y a dans la ville. C’est très animé, les PNJ sont assez crédibles et leurs réactions plutôt logiques. On est tout de suite immergé dans ce monde plein de promesses. Au delà du jeu en lui même, le lore est assez pauvre selon moi. Même si on sent que les développeurs ont voulu introduire pas mal de réflexions autour de notre manière de consommer le numérique, tout m’a paru superficiel. En gros, ce sont les réseaux sociaux et la collecte de données qui auront fini par détruire la société du monde de Watch Dogs. Un peu léger et la trame principale n’ira pas beaucoup plus loin que de nous inviter à détruire une organisation secrète. Assez manichéen dans l’ensemble, il ne faudra pas espérer être bouleversé par cette histoire.

Même si le titre reste agréable dans l’ensemble et si le début de partie est très prometteur, on sent vite une certaine répétitivité assez inhérente aux jeux Ubisoft. Il faut débloquer des trucs et des machins, libérer des territoires et acheter des vêtements avec l’argent récolté. Le tout est assez classique dans son fonctionnement. Une manière de faire qui n’est là que pour séduire les joueurs habitué à ce genre. C’est là où le « produit » se fait le plus ressentir. La prise de risque est toujours minime et la narration n’étant qu’un prétexte pour nous envoyer aux quatre coins de la map. La maitrise est là, on découvre Londres assez naturellement et la carte se dévoile assez rapidement après quelques missions. Malheureusement, ça n’ira pas plus loin que ça. C’est un bac à sable et Watch Dogs: Legion vous offre toute une panoplie de jouets pour passer le temps.

L’héritage d’Assassin’s Creed

S’il y a bien une chose que j’avais apprécié avec les épisodes Origins et Odyssey d’Assassin’s Creed, c’était les différentes approches proposées aux joueurs lors des missions. Watch Dogs: Legion profite aussi de cette manière de faire et il sera possible d’avancer dans l’histoire à votre manière. Que vous soyez « bourrin » ou si vous préférez l’infiltration, il y aura toujours un moyen de vous en sortir et en cela, c’est une belle réussite. D’autant plus que les différents lieux que l’on peut y visiter sont très bien conçus et permettent une réelle liberté d’action. Toutefois on ne retrouve pas la même fluidité dans les mouvements que dans Assassin’s Creed. Votre personnage se trouvera parfois bloqué face à un petit muret qu’il faudra enjamber en sautant. C’est, pour moi, un petit défaut qui mériterait d’être corrigé à l’avenir. D’autant plus qu’Ubisoft sait le faire.

La comparaison avec Assassin’s Creed s’arrête là. la série des Watch Dogs a clairement été pensée pour proposer autre chose et, dans l’ensemble, elle a toujours réussie à se démarquer. Encore une fois, ce sont des bons jeux mais pas de grands jeux. Je trouve réellement regrettable que l’on ne nous implique pas plus dans cet univers qui pourrait être nettement plus intéressant. Rajoutons à cela que vos personnages sont interchangeables et le sentiment d’attachement peut être compliqué tant il est nécessaire de passer de l’un à l’autre membre de votre équipe. Si une option de mort permanente existe, elle permet, selon moi, d’augmenter un peu plus la difficulté mais n’arrive pas à faire de vos personnages des protagonistes importants. Malgré tout, on prend plaisir à les customiser et leur donner une certaine identité. Petit bémol toutefois, si vous croisez l’un des membres de votre organisation dans la rue ou dans votre base secrète, il seront habillé avec leurs vêtement par défaut. Au début, je pensais même qu’il s’agissait d’un bug mais il se trouve que c’est comme ça que fonctionne le jeu. Pourquoi ?

Le recrutement au cœur du jeu

L’un des aspects les plus intéressant reste le recrutement de personnes dans votre organisation. Le système est très simple à utiliser et vous pourrez obtenir le profil de n’importe quel PNJ dans les rues de Londres. En fonction de vos besoins et des types d’approches que vous préférez, vous pourrez choisir les compétences dont vous avez besoin. C’est assez bien pensé et une mission se déclenchera pour convaincre ce nouveau personnage de vous rejoindre. D’un point de vue purement gameplay, c’est une excellente idée et on se surprend à se balader dans la ville à la recherche de personnes qui pourraient nous être utiles. Comme précisé plus haut, cela a tendance, de mon point de vue, a enlever une certaine forme d’attachement et ces PNJ qui sont assez creux. A noter qu’un effort particulier a été fait au niveau des voix et si dans certains cas cela peut être totalement à côté de la plaque, dans l’ensemble on a bien le sentiment qu’ils ont tous leur propre identité même si cela reste assez superficiel.

Concrètement, Watch Dogs: Legion est un jeu « à gameplay ». Il y a beaucoup d’options possibles mais très clairement, j’aurais apprécier une histoire plus profonde et pas seulement « il y a des méchants et faut leur casser la gueule ». J’imagine que c’est ce gameplay qui aura compliqué l’écriture mais les personnages secondaires auraient pu tout à fait mener le fil conducteur et le joueur aurait été l’un des acteurs de cette histoire. Aucun doute que le tout devrait plaire aux fans d’Ubisoft qui ne seront pas perdus dans cet open world et ses mécaniques maitrisées. C’est peut être ça le fond de mon problème avec cet éditeur, le fait qu’ils ne souhaitent pas prendre de réels risques et proposent ici un produit relativement calibré et plus ou moins pensé pour le online et les micro-paiement. Il y a un petit arrière gout de free to play et c’est dommage car l’univers et le gameplay sont très solides.

La réconciliation avec Ubisoft ?

Assassin’s Creed, Far Cry, les « Tom Clancy’s » et Watch Dogs ont longtemps été des licences qui ne m’intéressaient pas mais le savoir faire d’Ubisoft en matière de jeu aura tout de même réussi à me convaincre de leur donner une nouvelle chance. Si Watch Dogs: Legion ne sera clairement pas le titre qui me marquera à jamais, je passerai encore quelques heures dessus jusqu’à l’overdose et je me tournerai vers un autre titre. Parce que c’est bien là tout le problème de ces produits formatés, ce sont des consommables et ils n’ont pas grand chose à nous raconter. Ils nous donnent ce que nous attendons et en cela, c’est réussi mais ça n’ira pas plus loin. Sans être particulièrement exceptionnel d’un point de vue narratif, pour moi, Assassin’s Creed Odyssey a montré qu’Ubisoft savait écrire de bonnes histoires et j’ai réellement le sentiment que Watch Dogs: Legion passe totalement à côté de ce qu’il aurait pu nous raconter. Et s’il y a bien une volonté d’enrichir le lore, cela reste beaucoup trop superficiel pour que cela devienne réellement intéressant.

En tout cas, cet épisode de Watch Dogs aura réussi le pari de m’impliquer dans cette franchise. Si ça n’est pas le jeu de l’année, c’est très clairement un très bon divertissement et je ne doute pas que les fans sauront l’apprécier. Il faudra peut être attendre l’épisode suivant pour se dire que, oui, cette licence a des choses à dire. Parce qu’il serait étonnant qu’il n’y ait pas de suite tant les jeux Ubisoft se vendent par palettes ces dernières années. Difficile de dire pourquoi j’accroche plus à leurs titres récents mais la formule semble fonctionner. Alors, si comme moi, vous n’avez jamais été très fan de leurs jeux, il peut être intéressant de donner une chance aux plus récents.

Ce qui m’agace le plus, c’est qu’Ubisoft a clairement les moyens d’atteindre des sommets avec ses différentes licences mais j’imagine que c’est leur modèle économique qui impose une certaine standardisation afin d’offrir de nouveaux jeux régulièrement. Une industrialisation qui se ressent réellement dans la plupart de leurs productions et c’est vraiment regrettable. Mais bon… Quoi qu’ils fassent ces titres se vendent très bien alors pourquoi s’embêter ?

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