Chroniques de fanboy : les trucs qui me gonflent avec la marque PlayStation

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D’aussi loin que je me souviens, j’ai toujours été du côté de Sony en terme de console. Si j’ai fait une courte excursion sur la Xbox 360, j’ai vite compris que les titres qui m’intéressaient vraiment étaient sur PlayStation. 25 d’amour sans faille… Ou presque…

DualShock 3

En 1994, lorsque est sortie la première PlayStation, j’ai eu la chance de l’avoir à Noel de cette année là, un cadeau plutôt cher à l’époque mais il est vrai que l’Amstrad CPC 6128 familial avait un peu fait son temps. Si j’avais déjà joué à des jeux micro ou sur des SEGA ou des Nintendo chez des potes, chez moi, on avait pas encore franchi le cap pour des raisons économiques mais aussi parce que le gaming n’était pas encore complètement entré dans notre culture. L’arrivée de la console de Sony au sein de notre foyer avait clairement été une petite révolution. Le disque de démo livré avec la machine était la promesse d’un avenir radieux en terme de jeux.

Depuis, la marque PlayStation m’a suivi dans ma vie et si j’étais un peu passé à côté de la seconde génération parce que j’étais plus intéressé par les filles et les beuveries entre potes à ce moment de ma vie, c’est surtout avec la PS3 que j’ai fait mes armes dans le jeu vidéo sur console. Aujourd’hui, je peux jouer à tous les titres qui sont sortis sur les bécanes de Sony, la nostalgie et le pouvoir d’achat aidant, je possède maintenant tous les modèles.

On ne va pas se mentir, cette marque est celle qui a proposé les meilleures exclusivités sur toutes les générations. Avec des triples A ou des jeux indés très intéressants notamment ceux de thatgamecompany qui proposaient des expériences assez inédites (Flower, Flow et Journey). Même si la marque PlayStation est une multinationale capitaliste, le fait est qu’il y a, selon moi, une réelle passion du jeu vidéo. La diversité des exclus et des démarches artistiques comme celles de la Team ICO (ICO, Shadow of Colossus et The Last Guardian) montrent bien à quelle point il y a un véritable amour du gameplay et des expériences vidéo-ludiques.

Et la rétrocompatibilité ?

Toutefois, si tout semble être génial sur le papier, dans la pratique il y a toujours des choses qui font grincer des dents. Tout d’abord cette politique de rétrocompatibilité avec toujours un “mais”. Si la PS2 proposait effectivement de pouvoir jouer aux jeux de la première génération, l’idée a vite été abandonnée sur la génération suivante. Les premiers modèles de PS3 offraient cette possibilité de jouer aux jeux PS1 et PS2 mais pour des raisons de coûts et d’architecture, les modèles de PS3 nouvelle version avaient été amputées de cette fonctionnalité. Il faut dire que le processeur de la PS2 était assez particulier et l’émulation étaient réellement complexe avec la puissance de calcul dont on disposait à cette époque. On avait alors excusé Sony car la PS3 était très clairement trop chère à sa sortie.

On s’était dit alors que la PS4 aurait corrigé ces erreurs et la puissance de calcul disponible de nos jours permettrait de faire tourner toute la ludothèque PlayStation sans problème. Si on peut comprendre la difficulté à faire tourner des jeux PS3 sur une architecture x86, le fait est que les jeux PS1 et PS2 ne sont plus jouables sur la dernière console du constructeur. Enfin si… Mais il faudra passer par le PSN et racheter les titres qui y sont disponibles en téléchargement (et ils n’y sont pas tous). Car si la machine est bien rétrocompatible, Sony se refuse désormais à faire tourner les jeux physiques et c’est triste. J’en avait déjà longuement parlé dans un autre article mais pour moi, c’est très important de pouvoir continuer à faire vivre ces titres qui vont sombrer dans l’oubli pour des raisons vaguement pécuniaires.

Une tristesse d’autant plus grande que la PS4 intègre bien des émulateurs PS1 et PS2 mais qui sont volontairement bridés par Sony. Il faut alors se tourner vers le hacking pour pouvoir profiter de ces titres. La machine ainsi ouverte, on est forcément tenté par le piratage. Une politique qui, finalement, incite plus à passer du côté obscure. On ne connait pas les chiffres mais je ne suis pas convaincu que le business des jeux PS1 et PS2 en téléchargement soit le truc le plus rentable de la firme. D’autant plus que les rétrogamers sont une niche et il est peu probable que le fait de pouvoir jouer à d’anciens jeux physiques ait un réel impact en terme de business. Des rétrogamers amoureux de l’objet et qui sont les premiers à acheter les titres récents. Ça ne parait pas complètement absurde de caresser dans le sens du poil cette petite communauté de passionnés.

Les services en ligne

Le dématérialisé, c’est le secteur en plein développement et il semble qu’un service à la hauteur est indispensable. C’était sans compter sans cette politique de DRM de la part de Sony qui peut rendre complexe l’utilisation de leurs services. Typiquement, vous ne pourrez profiter de vos jeux démat’ PS3 que sur 2 machines différentes. S’il reste possible de les dissocier de votre compte, c’est une chose que vous ne pourrez faire que tous les 6 mois. Si c’est un problème assez limité, il se trouve que j’ai dû y faire face récemment. Ayant investi dans deux PS3, je n’avais plus accès à certains jeux achetés sur le PSN parce que la licence était déjà liée à ma première PS3 que j’ai revendu il y a des années (genre 10 ans). Si ça n’est pas réellement très grave et si ce ne sont que des cas isolés, ça n’en reste pas moins absurde. Typiquement sur PC avec Steam, on peut profiter de sa ludothèque comme bon nous semble pourtant je n’ai pas le sentiment que Valve Corporation s’en porte plus mal.

C’est aussi du côté de l’historique des transactions que l’ergonomie a été oubliée. Durant toutes ces années, j’ai téléchargé bon nombre de titres sur le PSN mais aussi des thèmes, des petits contenus gratuits, etc. Le truc, c’est que tous ces téléchargements obsolètes sont toujours affichés rendant, de fait, complexe de retrouver ses achats. Une simple page sur la boutique en ligne avec sa ludothèque acquise serait la bienvenue afin de pouvoir télécharger ses achats. Agaçant au possible. Un système qui n’est réellement pas digne des services en ligne que peut proposer le PSN. On s’amuse aussi des téléchargements gratuits qui, eux aussi, sont limités à deux machines. Débile.

Si le streaming de jeux fait partie de l’offre. On ne va pas se mentir, le PS Now n’est pas très folichon. Ça fonctionne plutôt bien pour peu que l’on soit équipé en fibre mais la qualité d’image n’est pas toujours au rendez-vous et bridée à 1080P. Si la 4K est encore un marché de niche, la concurrence essaie de s’y mettre. On a le sentiment que Sony ne croit pas trop à ce service. Bien que je ne sois pas client de ce genre de chose, il y a tout même un vrai manque de polissage pour en faire quelque chose de parfait. On a surtout l’impression que le PS Now existe juste pour dire “nous aussi on le fait”.

Le PlayStation Plus fait partie des arguments de la marque afin de profiter pleinement des jeux en ligne avec, en prime, des jeux offerts tous les mois. Idéal si vous êtes un gros consommateur. Toutefois, je trouve assez regrettable que le cloud ne soit pas intégré gratuitement notamment pour ne pas perdre ses sauvegardes. Une chose que l’on retrouve, encore une fois, sur Steam et tous les clients du genre sur PC. Une fonctionnalité basique mais accessible uniquement aux abonnés du service. Discutable.

Comment ne pas évoquer également ce système de mise à jour absurde où juste après avoir fini de télécharger un jeu sur le PSN, tu le lances et il te réclame une mise à jour. Toute la question est de savoir pourquoi la boutique ne propose tout simplement pas de télécharger directement la dernière version disponible ?

Opportunisme et manque d’ambition ?

Les deux premières générations de PlayStation avaient été de véritables petites révolutions à leurs époques. Pourtant, j’ai quand même le sentiment que Sony marche sur des œufs depuis la PS3. C’était très palpable avant l’annonce de la PS4, Microsoft ayant essuyé les plâtres et subit un vrai bad buzz autour de la connexion obligatoire pour pouvoir jouer et des licences liées aux machines (quelque chose qui existe déjà plus ou moins sur PlayStation, comme évoqué plus haut). Un chemin qu’aurait évidemment emprunté la marque s’il n’y avait pas eu cette levée de bouclier de la part des gamers. Pour le coup, Sony avait profiter de tout ce bordel ambiant pour faire de la com’ à moindre coût.

On ne va pas se mentir, voilà quatre générations que la PlayStation tient le haut du pavé et s’il faut avoir peur de la concurrence et notamment de Xbox, le fait est que Sony mène une politique très orientée gaming et c’est très probablement ce qui explique son succès. Toutefois, on se dit que des fonctionnalités multimédia ne seraient pas un luxe dans ces machines qui sont dans la plupart des salons. Si on a accès à Netflix ou Spotify sur PS4, on se dit tout de même qu’un player Bluray plus ergonomique serait le bienvenue. On s’est d’ailleurs étonné de l’absence du support des Bluray UHD. Un format dont Sony est l’inventeur, on marche sur la tête.

Le support des podcasts, une vraie intégration de YouTube serait un véritable plus pour ces machines qui ne doivent plus se contenter d’être des consoles. Pour le coup, la Xbox tient cette promesse et ce côté multimédia est souvent l’argument de choix pour ceux qui se tournent vers cette marque. On peut estimer que cela reste gadget mais dans la pratique il se trouve que ce sont des fonctionnalités qui peuvent faire préférer la concurrence.

Enfin, c’est du côté de l’OS qu’il y a un véritable manque d’ambition. L’interface est, selon moi, de plus en plus bordélique. Le XMB était une excellente idée, avec son menu horizontal et très accessible avec la manette. Sur PS4, des “étages” sont venus s’ajouter et des contenus multimédias apparaissent sur certaines sections. Sans parler des bloatwares pré-installés par défaut qui n’intéressent qu’une poignée d’utilisateurs. Finalement la seule nouveauté de cette génération, c’est l’apparition des dossiers qui permettent de trier ses jeux. Il est d’ailleurs étonnant qu’une fonction automatique de tri n’ait pas été prévue (derniers jeux joués, genres, année de sortie, etc).

A deux doigts de la perfection

Le fait est que les machines et les services de Sony sont à la hauteur dans la plupart des cas mais il y a toujours ces détails inhérents à des choix discutables qui font que les PlayStation ne sont pas parfaites. Une perfection qui pourrait aisément être atteinte pour peu que la marque fasse preuve d’un peu plus d’ouverture mais ose aussi proposer des choses nouvelles quitte à prendre quelques risques.

C’est encore très vrai aujourd’hui. La prochaine génération de Xbox sera annoncée avant que Sony ne dévoile réellement quoi que ce soit. On a ce sentiment étrange que la marque est toujours dans le doute. Si ça n’est pas forcément une mauvaise chose, un peu plus d’audace serait sûrement apprécié.

On ne sait pas encore réellement ce que prépare la PS5 mais on espère que ces petites erreurs accumulées avec les années seront corrigées dans ce qui sera très probablement l’ultime console telle qu’on les connait.

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